23.02.2008

demenagement

Bonjour ,

Si vous voulez en savoir plus sur les histoires d une pepete a bicyclette seule autour du monde pour une duree indeterminee je vous invite a aller sur :

http://passagevoyage.over-blog.com

Ne reste sur ce blog que quelques recits ....

Partie de France en novembre 2005, plus de 20000 km effectu2s sur les route de France, Italie, Tunisie, Albanie, Grece, Macedoine, Bulgarie, Turquie, Georgie, Azerbaidjan, Iran, Inde, Nepal, Pakistan, Ouskekistan, Kirgistan, Chine .....

Et aussi une viree de 3 semaines en Afghanistan, dans les montagnes du nord d est en ouest ....

Un hiver au Ladakh, le Petit tibet de l Inde, de janvier a avril qui s est terminee par une redescente a velo par la piste du Zanskar, puis une traverse du Zanskar avec le velo a dos d ane .....

Et encore qqs milliers de km sur les pistes du Tibet et la traversee du Tibet du sud au nord en hiver .... tout ca a bicyclette ....

pleins d histoires illustrees de nombreuses photos sur le nouveau blog ...

Alors a bientot

Bea



05.10.2007

Route numero 219, kilometre 0

Le 3 septembre je quitte Yecheng.
Kilometre 0, route 219. Route que je vais suivre jusqu a Lhassa.
Derniers km dans le desert de Taklamakan, le vent souffle fort, de face, des vagues de sable courent sur la route, je pedale tete baisse et suis couverte de poussiere et de grains de sable

Km 30, les bouteilles d eau sont vides, coup d oeil sur le road book : "no water for 61km" c est bien les guides mais faut penser a les consulter !

J ai hate d etre dans ces grandes montagnes, je roule doucement et m habitue aussi doucement a la charge de mon velo !
Km 71, village de Pusa, dernieres grappes de raisins et derniers pains achetes.
km99, fini l asphalte, debut de la piste et premiers problemes techniques
Km 100. Akmeqit, derniers villages aux contreforts de l Himalaya, derniere nuit dans une famille pleine de grands meres attendrissantes et bienveillantes.
Km 217 Chiragsaldi pass, premier col a 4980 que je monte doucement mais sans difficulte. Fini la bonne piste et debut du calvaire !!
km 241 Mazar, premier"village" fait de quelques baraques d agglomeres et de toles claquants sous les rafales de vents, toilets "open", pas de "coin salles de bain", dortoirs simples mais confortables, bouffe bonne et chere (2 a 3 fois le prix normal). Une vingtaine de chinois et chinoises habitent ici, au milieu des papiers, cartons et bouteilles platiques vides volants dans l unique rue, des corbeaux enormes, des vieux pneux de camion, des flaques d huile et d essence, "land merde" et le "trou decharge" sont le plus gros cette desolation derriere les baraques. Ambiance "Bagdad cafe" hors du temps garanti. Ces villages semblent avoir repris la vie hier et donne l impression qu ils vont mourir demain. J adore l ambiance qu il y reigne.

Les bornes kilometriques defilent.
Les 70kg (au moins) de mon velo sont devenus normal, j ai perdu l exitation des premiers jours, je trouve mon rythme sur cette mauvaise piste entre neige et grele passagere, vent fort a tres fort, nuit en dessous de 0, matinee fraiche et apres midi doux voir chaud.

Bien qu acclimatee a l altitude, je cherche encore parfois ma respiration le soir sous ja tente plantee a 5000m ou a velo quand une respiration absorbee par une pensee, un coup d oeil sur le paysage, une pierre ou un trou rompt le rythme lent et profond de mon oxygenation. La gorge serree j ai l impression que je vais m ettouffer asphyxiee, j ai la tete tourne, mes muscles me font mal . Je ralenti le pedalage, je m accroche a de petites et rapides bouffees d aire, la douleur passe, l angoisse aussi, la respiration lente et profonde reprend sa place et le pedalage son rythme.

Aksay chin

16 septembre, km 518, 4945m d altitude,
Les 130km de plaine de l Aksay chin commencent.

Depuis plusieurs jours mon estomac reve de bananes et de raisins. Je trouve une pomme dans le fosse et une autre carotte. Puis c est l abondance : des quatre quatre d espagnols venants de Lhassa s arretent dans un nuage de poussiere, Pas avares de compliments, d encouragements, de questions, je repars les sacoches chargees de bananes, gateaux, bouteille d eau et de jambon cru espagnol sous vide (que je garde precieusement et jalousement pour mes 30 ans dans quelques mois)

Le superbe Khitai pass a 5200 rompt le rythme lent et presque confortable de la plaine. Au col des quatrequateurs chinois m offrent des tranches de pasteques sucrees et juteuses, des gateaux secs et me font le plein d eau avant de redescendre a 4930m.
La piste s etire sur des km qui semblent infinis dans cet espace ouvert. j ai la forme, les apres midi sont chauds, j ai les ailes d eole dans le dos, les ondulations imposent leurs rythmes, les jours et les nuits se succedent rapidement tant dis que les bornes kilometriques defilent lentement.
Vers 16h, mon ombre projettee droit devant ma roue m empeche de voir correctement la piste. A partir de 17h, courte et a ma gauche elle s etire avec l inclinaison du soleil jusqu a se casser dans le bas cote. Vers 18h la fraicheur tombe, j enfile polaire et veste de gortex. Pas un vehicule n est passe depuis des heures, j ignore la faim et la fatigue, mes yeux vont et viennent entre le metre precedent ma roue et les kilometres se perdants dans les nuages devant moi.
Les couleurs douces et l atmosphere envoutante m empeche de m arreter de pedaler dans ce silence exquis
Au km 599, n y voyant presque plus rien, je suis les empreintes des loups pour aller planter ma tente a decouvert dans cette immensite sableuse et desertique a la lueur du quartier de lune.
Assise en tailleur dans mon abris, je savoure quelques instants ce moment de confort, de chaleur et de bonheur avant de devorer des noodles magiques et de me glisser dans mon duvet d etoiles qui me plongera dans le sommeil des anges de l Aksay Chin.

10.08.2007

L Afghanistan ... pourquoi pas

Tout etait pourtant bien ficellé, bien carré : faire la KKH pour rejoindre la Chine. J avais des infos sur la route, des endroits ou m arreter, un bus a prendre pour eviter le Kohistan qui craind, arriver a Kashgar, changer ma jante, puis aller en Kirgizie j avais deja mon visa avec des dates precises, puis le Kazakstan, re-rentrer en Chine au niveau d Urumqi, puis tracer vers Pekin via le desert.
Mais voila qu un beau dimanche matin, a peine sortie de ma tente a la chaleur deja étouffante, je decide de passer par l Afghanistan. Je me suis endormie avec la KKH qui m a une fois de plus fait rever et me suis reveillé avec l Afghanistan et Kabul dans la tete.
Ce tour du monde me fait tourner la tete et me fait prendre des decisions et changer d avis sans l ombre d un premice, j y comprend rien comment ca tourne la haut !!!
Toujours est il que dans mon esprit il n y avait aucune hésitation s était l Afghanistan et rien d autre. Et tant pis si je suis en retard pour la Kirgizie, et pour le reste ….

Et pourquoi j ai decidé ca ??? Bah j’sais po ! c est comme ce voyage a velo autour du monde, j’sais po d ou ca m est venu !?!?!?!?!

Je me souviens qu un iranien nous avait parler de Kabul, il y allait souvent dans les annees 60-70. KABUL, ca a bien du me faire rever quelques nuits puis que j ai vite oublie.
Cette ville et ce pays dont j ai tristement entendu parler a la radio et vue des images a la télé a l époque des talibans, considéré comme le 2eme pays le plus dangereux au monde après l Iraq, en faisait une destination absolument impossible.
L Afghanistan resonnait aussi chez moi comme une lieux mythique et exitant.
Kabul, une ville quisuscitait dans mon esprit la curiosité, l intrigue, le mystere. Une ville cosmopolite sur le chemin transasiatique, de Londre a Katmandou, lieu incontournable de soixante huitards fumeurs de petards, amateur d experience mystique et consommateur d opium.

Alors l Afghanistan, Kabul … c est finalement possible

Une fois de plus je boulverse tous mes plans et reste une semaine de plus a Islamabad pour obtenir le visa Ousbek qui me permettra de sortir de l Afghanistan. Après la Kirgizie et après …. ???? j’sais pas j ai pas encore decidé, et pis de toute facon vaut mieux pas que je décide quelque chose parce que ca risque de changer (bon l idée quand meme c est de passer par Kashgar pour réparer la bicyclette puis le desert de Taklamakan jusqu a la mongolie …)
Mais avant tout ca il y a l Afghanistan …

01.08.2007

Peshawar ou le vrai changement de pays

J arrivee a Peshawar (pres de la frontiere afgane) samedi dans l apres midi. Ici les hommes sont moins habitues a voir des occidentaux et surtout des femmes seules. J ai pris conscince du changement de pays ici (lahore et islamabad ressemble un peu a l inde le depaysement n est pas tres grand) en abordant un ruelle d un de ces merveilleux bazar au multiples odeurs et couleurs que degagent les pyramides d epices, de graines sechees, de jus de mangues, de poissons frais, de poulet rotis, de kebab grilles, de fruits et legumes, de friandises sucrees et salees, de fromages au frais sous un bloc de glace, de viande saignante sous les pattes des mouches, de poules braillants dans leur cage a peine plus grande qu elles ... 5m dans une de ces ruelles et j ai ete saisie par le regards ebahis, curieux, surpris, approbateurs ou non de tous ces hommes en pyjama blanc braques sur moi. Une vague d emotion etrange m a envahie : ni peur ni angoisse, juste un pincement au coeur et un "OUPS ..." souffle dans cette etrange atmosphere le temps d ajuster ma grande echarpe sur mes cheveux, mes epaules et mon torse avant d avancer le pas tranquile et sure dans ces ruelles "de males" sans me faire ecraser par ces yeux dominateurs et oser rencontrer tous ces regards sans peur, sans fuite, sans defiance ... pas facile mais interressant !
J ai vraiment eut l impression d etre une extra terrestres : Imagine une ruelle pleine de passants voyant pour la premiere fois de leur vie un etre au tein vert a demi denude avancant a cloche pieds avec un oeil frontal ... et cet etre etrange c est toi ... ils sont figes dans l action subitement interromput, leurs tetes tournent a 180 au rythme de tes pas, leurs machoires inferieurs tombent et leurs yeux sortent de leurs orbites ... etre l objet d une telle reaction est un peu saisissant au debut !!!
MAIS bizarement je me suis sentie plus en securite a trainer dans ces ruelles que dans les bazar indiens ou je me demandais quand et qui va etre le prochaine a tenter de me mettre une main au cul. Les harcelements sexuels (le terme peut paraitre fort mais c est pourtant le bon) sont moins frequent au Pakistan qu en Inde ( je le confirme ) et parait il moins en afganistan qu au Pakistant ... etonnant non ??? Si j en faisait pas l experience j aurai dit a l empoprte piece que c etait le contraire. Je viendrais presque meme a dire que le nord du Pakistan (de lahore a Peshawar) est plus sure pour une femme seul a velo que l Inde ...

27.07.2007

Islamabad pendant les conflit de la mosquee rouge

Le lundi je suis a Islamabad ou j attend encore 2 semaines de plus mes visas chinois, Ousbek et Kirgize.
Mardi 3 juillet, je reviens de Rawalpindi (vielle ville a 15km de la nouvelle ville d Islamabad) a velo, beaucoup de routes sont barrees autour du camping ou je suis, je tourne, fais des tours et detours pour tenter d atteindre le camping, a moins de 100m de moi je vois une epaisse colonne de fumee monter au ciel, j entend des "petards", vois des ambulances faire des aller/retour vers l hopital ou des gens s agglutinent, policiers et militaires cadrillent le perimetre mais dans les ruelles les gens ne semblent pas agites (accroupis comme a leur habitude a l ombre d un trottoire a discuter ou deambuler dans la rue sans precipitation) et l atmosphere sous cette chaleur ecrasante est comme hier : calme. Des policiers et militaires cadrillent le perimetre. Je comprend pas ce qui se passe, la pensee qu il y est un "probleme" m effleure a peine l esprit, je pense qu il y a un incendit que les policiers ont fermes le perimetre par securite et que des gamins jouent avec des petards ... bref rien de grave ni de dangereux.
J essai pas de nombreuses routes de regagner le camping jusqu a ce qu un policier me dise nonchalament "don t go, little problem, fighting" ...
"fighting, fighting ... " ca resonne molement dans ma tete mais j ai du mal a tilter, ma vigilance endormi et mon seuil de peur eleve, pas l once d une alerte rouge clignonte dans ma caboche ni un sentiment de peur me parcourt. Ca me parait pas possible qu il y ai un probleme de ce genre a Islamabad ville calme ou la police est visible a chaque coin de rue.
Apres 20min a tourner autour de ces petaradades et au milieu de ces policiers, militaires et ambulances j atteind finalement le camping. La grille, habituellement ouverte, est fermee a clef, le manager affole arrive en courant pour m ouvrir et la, enfin, je me dis qu il doit vraiment y avoir un probleme et un serieux : vous avez dut en entendre parler : des talibans ont pris la mosquee rouge sous le commandement du mollah de cette mosquee, echange de coup de feu, jet de cocktail molotov, matraquage et mise a feu de vehicule par des jeunes hommes enturbannes pendant que des jeunes femmes en tchador les fournissent en munitions ... le conflit se passe a pas plus de 200m du camping ou 5 ou 6 voyageurs attendent leur visas comme moi pour les pays suivants.
Nous sommes cantonne au camping, interdiction d en sortir meme pour aller manger, les boutiques d Aabpara et Melody market sont fermees, des bus blindes evacues des gens de l enclave diplomatique, des camions pleins de militaires mitraillette au poing arrivent dans la ville et sont postes partout dans Islamabad, le traffic est reduit au minimum, Islamabad est en grande partie paralyse (les rares taxis a passer dans le coin nous font payer plus chere pour nous emmener dans les ambassades a l autre bout de la ville pour recuperer nos visas, durant ces escapades on en profite pour acheter a manger, quant a ce faire ramener au camp side pas simple : les chauffeur veulent pas se raprocher du lieu des comflit et donc du camping)
Rafales de mitraillette, explosions, helicopteres et avions de guerre survolants la mosquee (et le camping) et la shoutant rythment nos journees d attentes a l ombre des sapins du camping. des militaires planque derriere des sacs de sables, plus de policiers et de militaires dans les rues et le reste ... vous avez dut voire des images a la tele, mais vous avez surement pas vu notre beau et tranquille camping aux premieres loges de ce triste spectacle ...
C est halluciant de se retrouver la dans cette ville moderne a l apparence tranquille ou chacun menait paisiblement sa vie et qui bascule en quelques minutes : des explosions, des femmes en bourka noir manifestant le poing leve, des hommes balancer des cocktails molotov sur les militaires, massacrer des voitures, tirer a vu ... ca semble completement irreel et pourtant c est bien reel surtout quand on voit des avions de guerre au profile elance mitraillette sortie qui tourne juste au dessus du camping et qu on est reveiller en pleine nuit par de grosses deflagrations ...

Samedi mes visas obtenus je quitte la ville toujours paralysees pour Peshawar